HISTORIQUE DU GIROQ

En 1970, une association de chercheurs des universités Laval, McGill et de Montréal fondait le GIROQ (Groupe interuniversitaire de recherches océanographiques du Québec), avec pour objectif la mise en commun des équipements, des expertises et des moyens financiers pour l'avancement de l'océanographie au Québec. Dès cette époque, les efforts de recherche s'alignaient sur deux axes: l'océanographie littorale et l'océanographie pélagique. Les moyens des débuts ont été modestes : les spécialistes du milieu côtier utilisaient un chalet comme station de recherche tandis que les experts du grand large effectuaient leurs premières missions sur des petits bâtiments loués.

L’équipe pélagique avait pour ambition de comprendre le contrôle hydrodynamique de la production biologique des estuaires (Louis Legendre, Guy Lacroix, R. Grant Ingram) et la dynamique des stades larvaires de poisson (William C. Leggett). Pendant ce temps, l'équipe littorale (André Cardinal, Edwin Bourget et John Himmelman) se penchait sur la productivité et l'organisation des communautés benthiques de la zone influencée par les marées. À ces programmes s'ajoutaient les travaux sur les communautés benthiques profondes, marées-vagues-structures portuaires et sédimentation (respectivement Pierre Brunel, Yvon Ouellet et Bruno d'Anglejan). Déjà, le GIROQ encourageait ses étudiants à publier dans les meilleurs périodiques du domaine et à effectuer des stages à l'étranger.

Dans les années 80, l'aménagement hydroélectrique des fleuves du sud-est de la Baie d'Hudson allait permettre au GIROQ d'élargir ses lieux d’études au Nord du Québec. Il s'agissait d'évaluer l'impact d'une modification des débits d'eau douce sur la zone côtière de la région. Les caractéristiques de l'interface glace-eau, le milieu pélagique sous la banquise et les communautés de poissons (Julian Dodson) ont donc été déterminés.

Par la suite, le GIROQ s'est mis à participer de plus en plus aux grands programmes nationaux et internationaux en océanographie. La contribution au réseau canadien OPEN1 a permis d'augmenter substantiellement les budgets de recherche. La direction du programme Canada-Japon SARES2 et le leadership canadien dans NEW3 a amplifié considérablement la composante polaire de la programmation du Groupe, alors que la direction du programme JGOFS4 pour l'Est du Canada maintenait l'expertise dans le golfe Saint-Laurent. Parallèlement, des membres chercheurs approfondissaient leurs travaux dans l’estuaire du Saint-Laurent, sur les communautés algales, macrozoobenthiques ou de poissons.

À la fin des années 90, le leadership du GIROQ en océanographie arctique culminait avec une subvention de Réseau de recherche du CRSNG de l'ordre de 5M$ pour la réalisation du programme NOW5. Au cours de cette période, la programmation scientifique du Groupe s'enrichissait par le recrutement de nouveaux chercheurs comme Louis Bernatchez (génétiques des populations aquatiques), Ladd Johnson (algologie et écologie des écosystèmes estuariens) et Neil Price (dynamique des sels nutritifs). 

Entre 70 et 98, la très grande majorité des 855 articles scientifiques est publiée dans les meilleures revues internationales. Les chercheurs du GIROQ sont récompensés de manière prestigieuse: Prix Michel-Jurdant et Léo-Pariseau (Prix de l'ACFAS), Prix Marie-Victorin (Prix du Québec), Prix Evelyn-Hutchinson (Prix ASLO), Bourses Killam et Steacie (CRSNG). Plusieurs professeurs poursuivent leur carrière au plus haut niveau de la recherche, au Québec, au Canada ou à l'étranger. 

OPEN | Ocean Production Enhancement Network
SARES | Saroma-Resolute Study
NEW | Northeast Water Polynya Study
JGOFS | Joint Global Oceanographic Fluxes Study
NOW | International North Water Polynya Study